Chine et Pakistan

- Un peu de hauteur - 

Notre traversée de la Chine début septembre pourrait se résumer en un mot : épique. Bien qu’elle fut de courte durée, à peine 4 jours, les kilomètres avalés, les douanes, barrages de police et contrôles incessants nous ont quelque peu usés !

 

Dans la région autonome du Xinjiang en Chine de l’Ouest, la surveillance de la population est constante. Des caméras à reconnaissance faciale sont postées tous les kilomètres sur la route et à chaque coin de rue en ville. Les patrouilles et contrôles de police sont partout et l’on en vient à scanner la rétine de son concitoyen si la photo de sa pièce d’identité n’est pas 100% identique à son faciès.

Nous ne savons pas si cette règle s’applique dans le reste du pays, mais la raison de cette paranoïa est probablement à rattacher à la multiplication des « camps de rééducation » de la population Uigur musulmane dans cette région[1], sous le regard passif du reste de la communauté internationale.

Après ces 4 jours en convoi, organisés de façon chaotique par le guide que le pays nous a imposé pour le traverser, nous avions besoin de prendre un peu de hauteur.

 

C’est donc avec soulagement que nous nous sommes engagé.e.s sur la Karakoram Highway, route mythique qui frôle le pied des géants du massif du même nom. Après un passage de frontière à 4700 m d’altitude, nous sommes rentré.e.s au Pakistan où la sérénité des géants nous a immédiatement gagné.

 

Le Pakistan, que nous avons vu et vécu est bien différent de celui qui s’était construit dans notre imaginaire avant d’y entrer. La région du Gilgit-Baltistan, au nord du pays, se résume en un enchevêtrement de vallées encaissées encadrées de sommets majestueux, tels que le Rakaposhi ( 7788 m), le Nanga Parbat ( 8126 m) ou encore le fameux K2 ( 8611 m). Ces montagnes, géants de roche, de neige et de glace, impassibles, semblent transmettre à tous et toutes une véritable sérénité et ralentir le temps, comme s’il s’écoulait uniquement au rythme des nuages qui s’accrochent à leurs sommets hauts dans le ciel.

 

Là, les villages grouillent de vie et chacun remplit sa tâche, avec l’objectif commun de se préparer à l’hiver qui sera rude. Entre moisson, tri et stockage du blé et du foin, séchage des abricots et des bouses de yacks, ramassage des patates à la charrue, on prend cœur à accueillir l’étranger, à lui offrir le thé ou le repas et à insister pour l’héberger pour la nuit.

 

Nous avons fait de belles rencontres, humaines d’abord que télescope, freesbie et slackline ont notamment provoquées en chemin. Naturelles ensuite, par les glaciers et les sommets que nous avons gravis, ou admirés d’en bas ou de loin. On a donc pris de la hauteur en passant de la Chine au Pakistan, et le climat a changé. En même temps que les températures chutaient, nous sommes passé.e.s d’un climat de méfiance à celui de confiance pour faire face, non pas à la rudesse humaine mais à celle de la Nature qui se répète hiver après hiver.

 

Bref, le Pakistan nous a conquis !

[1] https://www.bbc.com/news/blogs-china-blog-48700786

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