Tadjikistan et Kirghizistan

- La Nature à l'état brut - 

C’est avec émotion que nous sommes rentré.e.s au Tadjikistan, prêt.e.s à affronter la célèbre et rude route du Pamir. Nous sommes passé.e.s, en l’espace de quelques kilomètres, des plaines arides de l’Ouzbékistan à des montagnes abruptes surplombant une rivière tumultueuse au Tadjikistan. Nous nous sommes senti.e.s revivre au fur et à mesure que le thermomètre déclinait, que les pentes s’inclinaient, que les petits villages se multipliaient.

 

La Nature ici est brute, elle domine et impose la route à prendre, le long de la rivière, entre les flancs de falaise et les pics acérés infranchissables. Elle tranche avec le sourire sincère et radieux des hommes et des femmes qui croisent notre regard, et les hordes d’enfants qui se ruent vers le camion en criant « Hello ! » à tue-tête.

 

Ici, nous sentons qu’à l’image de cet environnement, l’humain vit à l’état brut. Des minces franges fertiles bordant la rivière sous les sommets à 6000 m aux hauts plateaux arides à 4000 m, l’artificiel laisse place à l’authentique. Il n’y a pas d’autre choix que de vivre en harmonie avec la Nature, et de s’adapter à chaque saison pour profiter des ressources qu’elle daigne léguer.

 

Ici, on cultive et on élève le bétail avec autant d’entrain et de fierté que de l’autre côté de la rivière, en Afghanistan, que nous avons longé pendant plus de 300 km.

 

Alors nous, on contemple, on admire et on s’imprègne de cette atmosphère unique.


Le Tadjikistan nous aura marqué. Plus pauvre pays d’Asie centrale, c’est pourtant là que nous avons croisé les plus beaux et francs sourires.

Il semblerait que l’Homme, à l’état brut, est humble. Humble devant la Nature qu’il respecte et qu’il préserve pour s’assurer de passer l’hiver suivant. Humble aussi devant son prochain, l’Etranger qu’il accueille sous sa yourte et à qui il offre tout ce qu’il a ; du pain, du thé et du beurre de yack. Belles leçons d’humilité que nous avons eu ici.

 

L’expérience « yourte » se sera renouvelée eu Kirghizistan. Les approches silencieuses de yacks et les explorations de villages du « Far East » aussi. Mais plus touristique que son voisin tadjik, on sent déjà que Nature et Hommes commencent à se transformer. Et finalement, tout autant touristes que nous sommes, on se questionne sur notre rôle dans cette métamorphose de l’authentique en factice, de l’état brut en artifice.

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