Volcans d'Hokkaido

- l'échelle des temps - 

Le Japon, ce chapelet de 6852 îles quasi jointives qui s’étend sur près de 3000 km.

 

Il constitue un arc volcanique édifié sur un socle ancien qui s’est détaché du continent eurasien, ouvrant la mer du Japon il y a près de 15 millions d’années.

Situé sur la ceinture de feu du Pacifique, l’archipel compte 110 volcans actifs. Stromboliennes, vulcaniennes et péléennes, de jolies mots pour qualifier les éruptions du Japon ayant laissé derrière elles une farandole de monts coniques aux formes parfaites et aux couleurs chatoyantes.

 

Nous avons slalomé entre les fumerolles qui s’extirpent de blocs rocheux jaunes fluo, nous nous sommes penché.e.s au dessus d’eaux bouillonnantes dans des cavités rouge émeraude et nous avons fait du kayak dans les panaches bleu azur que des cascades acides déversaient dans la mer.

 

Toutes ces merveilles sont les manifestations en surface d’une activité sous-jacente parfois destructrice : la tectonique des plaques. En effet, le pays se trouve à la croisée de 4 plaques lithosphériques majeures, les plaques d’Eurasie, d’Amérique du Nord, du Pacifique et de la mer des Philippines. Cette zone de subduction, parmi les plus importantes au monde, est donc d’une grande instabilité à la fois sismique et volcanique.

 

Ce ne sont pas les vitesses de subduction des plaques, de quelques cm par an, ni la formation des volcans, dont les plus jeunes ont quelques dizaines de milliers d’années, qui nous font réaliser la puissance des énergies mises en jeu. Comme pour les végétaux, la roche entre en mouvement sur des échelles de temps qui nous dépassent.

Nous bâtissons, détruisons, transformons à la vitesse humaine, sans nous apercevoir que l’arbre croît et que les plaques avancent.

 

Jusqu’au moment où ils nous rappellent à l’ordre. La terre tremble et le volcan crache sa lave et ses nuages de cendres, soufflant d’un coup le château de cartes bétonné que nous pensions avoir mis une éternité à édifier. Nous paraissons bien fragiles devant ces puissances naturelles.

 

Il est vrai que sur cette échelle des temps géologiques, nous arrivons tardivement et nos mouvements sont si furtifs qu’ils pourraient ne pas se remarquer. La Terre est âgée de 4,6 milliards d’année. Si nous ramenons ça à 46 ans, nous, les humains, sommes là depuis 4h[1]. Notre révolution industrielle a commencé il y a 1 minute.

 

1 minutes sur 46 ans ? Une goutte d’eau qui pourtant chamboule tout l’océan. Car en si peu de temps, nous sommes parvenu.e.s à transformer ce que la Terre a mis des millions d’années à façonner. À tel point que les scientifiques s’accordent aujourd’hui à ajouter une toute petite graduation à cette énorme échelle des temps géologiques : l’Anthropocène[2].

 

Mais là où la goutte ruisselle par gravité, la plaque s’enfonce par densité et la plante s’élève vers la lumière, nous nous pouvons choisir de la direction à prendre. Déjà tant d’élans vont en faveur d’une restauration et protection de cette Nature « immobile » à nos yeux !

 

Alors, qu’allons-nous inscrire sur cette échelle des temps ?

 

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[1] Homo Sapiens qui commence à se sédentariser : https://fr.wikipedia.org/wiki/Homo_sapiens

[2] http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/a-la-une/notion-a-la-une/anthropocene

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